HUMEURS

Pourquoi je boycotte « la marque aux licornes »

/!\ Disclaimer : Je ne suis pas à l’origine des propos tenus dans cet article à l’encontre de Lime Crime, ils sont issus de la presse, de blogs, de forums et de divers sites que je cite en fin d’article. Je n’ai fait que traduire et faire un condensé de ce que j’ai pu trouver sur le net. S’il s’avère que ces accusations sont infondées, je n’en tiendrai pas la responsabilité mais corrigerai cet article ou le supprimerai. Mon intention n’est pas de mettre la pression à ceux qui achètent cette marque mais d’évoquer les raisons de pourquoi je ne le fais pas, tout comme j’aurai pu le faire pour parler de la fourrure ou des marques non-cruelty free.

Lime Crime… Si cette marque ne vous paraît pas inconnue c’est parce qu’elle a énormément de succès notamment sur la blogosphère. Il s’agit d’une marque de cosmétiques indépendante dont la propriétaire est Doe Deere ou plutôt Xenia Vorotova, une personne aussi controversée que l’est sa marque. Lime Crime semble avoir tout pour plaire : vegan, cruelty free, des couleurs dingues et originales… Mais au delà de ça, cette compagnie a commis beaucoup de torts aussi bien à sa clientèle qu’à ses partenaires en bâtissant leur image de marque sur des mensonges, de la manipulation, des menaces et un certains nombres d’arnaques. Vous parler de toutes les controverses autour de Lime Crime me prendrait une centaine de lignes, peut être même plus…

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Faisons un petit saut dans le temps. En 2009, la communauté des blogueuses beauté était assez restreinte et avoir mauvaise réputation pouvait nuire totalement à son marché. Pour une petite compagnie indépendante il était donc essentiel d’avoir de bons retours sur ces produits. Mais déjà des clients se posaient des questions sur les produits que vendaient Lime Crime. Ils se sont alors aperçus que la marque faisait du « repackaging ».

En clair : Lime Crime achetait ses produits chez une sorte de grossiste puis y collait son logo. La propriétaire de la marque démentit ses rumeurs mais ne montra jamais le processus de fabrication de ses cosmétiques. En soit il n’y a rien de mal à procéder ainsi me direz-vous. Mais ces techniques employées par des grands industriels comme L’Oréal sont en désaccord avec l’état d’esprit et la manière de faire d’une petite entreprise indépendante où la clientèle recherche l’exact opposé avec des formules « faites maison » et une fabrication plus « artisanale ».

Passons à présent aux menaces. Les années qui ont suivi le lancement de la marque, Doe Deere a tenté de collaborer avec de nombreuses blogueuses et youtubeuses, elle offrait notamment des produits à certaines d’entres elles. Mais lorsque les personnes en question trouvèrent des défauts dans les produits et qu’elles firent part de leur mécontentement, Doe Deere menaça de les traîner en justice si elles ne supprimaient pas leurs articles et les remplaçaient par des excuses. Elle pris également des dispositions judiciaires à l’encontre de la première personne qui avait mis en évidence sur son blog les mensonges et la piètre qualité des produits Lime Crime. La compagnie fit menacer également la célèbre blogueuse de Temptalia, en diffusant son adresse mail personnelle pour que les fans de la compagnie l’insultent copieusement si elle ne changeait pas son avis écrit sur la marque.

En 2012 Lime Crime sort sa palette « China Doll ». Pour faire la promotion de ce produit : une modèle blanche avec une représentation fantaisiste et clichée censée représenter la beauté Chinoise. Par ailleurs la modèle était habillée de vêtements traditionnels japonais, mais passons… La sortie de cette palette provoqua un tollé de réactions dénonçant l’appropriation culturelle engendrée par ce produit et par la marque. Lime Crime ne s’excusa pas pour son racisme ordinaire envers la communauté asiatique mais fut navrée que les gens aient pu se sentir offensés en prétextant un « échange culturel » et que ces problèmes d’appropriations culturelles tendant directement vers le racisme étaient « secondaires ».

Malgré tous ces scandales et controverses, Lime Crime a perduré, un peu comme un rouge à lèvres mal appliqué qu’on aurait du mal à faire partir. La marque fut très brièvement en vente chez Sephora, pendant moins d’un mois, puis les sites revendeurs un peu hipsters parfois de mode marginale se sont mis à revendre du Lime Crime (Nasty Gal, UO, Dolls Kill, etc.) avec un certain succès auprès de leur « communauté ». Jusqu’en 2014 la marque n’a pourtant pas cessé de supprimer les commentaires négatifs sur toutes les plateformes et tous leurs réseaux sociaux.

2014, cette date nous intéresse particulièrement, car c’est la date où les clients de Lime Crime ont vu leur argent disparaître. Que vous ayez passé commande en 2009 ou en 2013 une faille dans leur système de sécurité a vidé le compte de certains clients en se servant de leurs données bancaires et personnelles, partout dans le monde. Privant ainsi de nombreuses personnes de leurs études. Et vous savez quoi ? Lime Crime était parfaitement au courant de ce qu’il se tramait sur leur site. La marque n’avait pas payé pour le renouvellement de certificat et continuait d’assurer à sa clientèle que tout était en règle sur leur site. Au bout de plus de 4 mois, Lime Crime a fini par publié un seul post, uniquement sur Instagram (puis supprimé par la suite).

Et c’est avec des arc-en-ciels et des licornes que la marque annonce à ses abonnés (Instagram, évidemment. Les autres, tant pis pour vous!) qu’effectivement leur site a été piraté, dilapidant le compte de nombreuses personnes de leur clientèle. Beaucoup de personnes témoignèrent à ce sujet, certaines ont même tout perdu pour avoir acheté un RAL à 20$. La marque ne fit aucun geste commercial pour les victimes du piratage de leur site en se dédouanant de toute responsabilité vis à vis de l’affaire.

Parlons à présent des ingrédients utilisés par LC. Après l’histoire de la brèche de sécurité, des clients touchés par l’affaire se sont penchés plus en profondeur sur la composition des produits que vendait le site. Il s’avère entre autre que la FDA (ou « Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux ») a envoyé plusieurs courriers à la marque les mettant en garde sur la composition douteuse de leurs produits. En effet, Lime Crime utilisait des ingrédients interdits tel que du « bleu de Prusse », un composant contenant du fer et du cyanure et qui peut s’avérer toxique. Outre le fait que ce genre d’ingrédients peut créer des infections sur les muqueuses (yeux, bouche), la marque publiait aussi des fiches produits avec des ingrédients non-vegan alors qu’elle clamait depuis ses débuts que tous leurs produits l’étaient à 100%. Aux premiers avertissements de la FDA, la compagnie ne s’est jamais prononcée publiquement bien que des clients aient violemment pointé du doigt la marque. Pour les ingrédients non-vegan, une petite maintenance du site et le lendemain, les ingrédients avaient tout simplement disparus de la composition des produits. La marque s’est défendue (sur Instagram une fois de plus et non par une déclaration officielle) que c’était une erreur d’écriture dans les fiches produits… La FDA n’a pas le pouvoir juridique de faire rappeler les produits d’une marque ou de suspendre les ventes, mais elle sert à faire de la prévention lorsque vous achetez une marque aux Etats-Unis, pour savoir à quoi vous aurez affaires. D’autres clients se sont également rendus compte de la tromperie du tube de leurs RAL, le packaging est conçu de sorte à ce qu’il contienne le moins de produit possible, en ayant l’apparence d’être plein. Faites l’expérience si vous possédez un produit Lime Crime, pointez une lumière dans le tube et vous verrez à quel point il est étroit, si vous avez de la chance le tube sera peut-être plein… A vérifier.

De nombreux revendeurs indépendants ont fini par retirer Lime Crime de leurs stocks. Je vous ai parlé ici des plus gros scandales engendrés par cette compagnie, mais vous-feriez vous confiance à une marque qui a une catégorie où elle énonce chaque « drama » sur son site ? Trouvez-vous ça normal ? Vous ne savez pas encore tout sur Lime Crime, ni même sur Doe Deere, tels que les vols de concepts à d’autres compagnies avec lesquelles elle collaborait au lancement de la marque, les faux comptes créé par la marque pour s’auto-complimenter, les tenues plus que douteuses de Doe Deere et son égocentrisme maladif.

Ce n’est pas parce qu’une marque vous vend des licornes que vous devez vous laissez berner. Si vous aussi vous souhaitez boycotter cette marque mais continuer à acheter des produits qui vous plaisent et qui ne voleront pas votre argent je vous conseille les marques suivantes : ColourPop, LA Splash, Coloured Rain, Sugar Pill, Necromancy Cosmetica… Qui sont toutes des marques Cruelty Free et Vegan. ♡

DON’T TRUST UNICORNS

Sources et lien utiles pour la conception de cet article ainsi que pour en savoir plus : Encyclopedia Dramatica, LimeCrimeLiar, OhDearDoeDeere, LolCow, PrettyUglyLittleLiars

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5 Comments

  • Reply
    Alix
    18 septembre 2016 at 8 h 58 min

    MERCI.
    Des mois que je tente d’expliquer aux gens tout ce qui ce trame derrière cette marque.
    Des mois que je balance des sources, mais que tout le monde ne peut pas comprendre. (Tout le monde n’arrive pas à comprendre l’anglais.)
    Ton article tombe à pic. Je boycott également cette marque.
    Tout ça pour l’argent, c’est hallucinant.
    Merci encore !

  • Reply
    Shijuna
    18 septembre 2016 at 9 h 03 min

    Coucou :3
    Je n’avais pas entendu parler de tout ça donc c’est bien de voir cet article récap’.
    Je n’ai heureusement jamais acheté de produits chez eux et quand je me dis que j’ai failli… Ouf !
    C’est vrai que le simple fait d’avoir une catégorie « drama » c’est quand même alarmant… :/
    Mais je crois que ce qui me « choque » le plus c’est le fait de faire passer des produits non-vegan pour vegan… C’est franchement dégueulasse.
    Merci pour l’information en tous cas !
    Bisous :3

  • Reply
    Justine
    18 septembre 2016 at 9 h 06 min

    Waow! Merci infiniment pour cet article!
    J’avais lu deux/trois trucs sur LC sur le net, mais j’étais loin de penser que c’était encore plus gros.. Je me sens coupable d’avoir acheté quelques un de leur produit maintenant.. ;_;
    Les illustrations que tu as choisis sont vraiment top au passage 🙂
    Des bisous! <3

  • Reply
    l0uanne
    18 septembre 2016 at 13 h 11 min

    J’étais absolument pas au courant de l’affaire, mais c’est bon à savoir, merci !

  • Reply
    Clem.C
    18 septembre 2016 at 15 h 01 min

    Coucou ma belle! <3
    Tu sais que depuis que tu en as parlé sur Twitter, je ne la calcule même plus comme marque! Aha, faut dire qu'elle collectionne les gaffes. si on peut encore appeler ça une gaffe!
    Bisous <3

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